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Imprimante 3D : l’enjeu des données

Imprimante 3D

L’impression 3D fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Et pourtant, il ne s’agit pas d’encre, mais de matières plastiques, voire métalliques, qui servent à réaliser des objets physiques réels à partir de données. Un enjeu des données dont la Silicon Valley et certains éditeurs comme Microsoft ont déjà saisi l’importance.

Qui aurait imaginé il y a quelques mois une telle déferlante d’informations sur l’impression 3D ? Il y a matière en effet, et sans jeu de mots. Ce concept n’est pas non plus récent, puisqu’on en voyait déjà en exposition au salon Imagina de Monaco en 2008, et que des machines qui anticipaient cette tendance étaient déjà sur le marché dès la fin des années 80 par exemple chez Roland DG.

La nouveauté est dans la manière dont l’objet dématérialisé peut se matérialiser. Hergé l’avait décrit d’une certaine manière avec intelligence dans la machine à dupliquer en trois dimensions de Tournesol dans « Tintin et le Lac aux requins » en 1972 ; la copie était faite par la modélisation avec des ondes agissant sur une matière spécifique, quelque chose qu’il était envisageable de reproduire à distance. Le mode de transfert de la modélisation par réseau de communication est un des piliers de cette impression 3D moderne qui permettra à terme de développer la fabrication de quantité d’objets sur site, sans avoir affaire à d’autre recours que le transport de matières premières.

Les deux questions fondamentales qui suivent sont celle de la qualité des matières utilisables et celle de la protection légale des plans 3D qui servent à imprimer ces objets. Dans l’absolu, nous allons payer un objet pour ce qu’il est, et non pas pour ce qu’il coûte à produire; en fonction des besoins, il peut en effet être fabriqué par une imprimante personnelle ou une imprimante industrielle mutualisée dans la ville où l’on habite et coûtera principalement le prix des matières premières comme l’encre ou le toner pour l’impression sur papier. L’exemple d’une œuvre d’art reproductible en 3D se comprend facilement : une œuvre d’art n’a pas de prix. Une œuvre d’art reste forcément rare. Se procurer une œuvre d’art véritable, ne sera possible avec impression 3D, que si les données ayant servi à les matérialiser sont limitées à un certain nombre d’usages, à certaines matières, aux capacités de certaines machines, etc.

L’enjeu est technologique, certes, mais il est surtout économique et sociétal. Et tout le modèle repose principalement sur la valeur des données qui servent à matérialiser l’objet. Quand nous parlions de Microsoft au début, il est intéressant de savoir que Windows 8.1, qui vient de sortir, est le premier système d’exploitation à intégrer un principe de pilote (driver) universel pour imprimantes 3D… L’enjeu des données ou les données en jeu ?

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